Maladie des Prunes : Causes et Traitements Naturels
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Maladie des Prunes : Causes et Traitements Naturels

👨‍🌾 Nico
📅 6 Juil 2026
⏱️ 14 min de lecture

Votre prunier a mauvaise mine ? Vous voyez des taches sur les feuilles, ou des fruits qui pourrissent avant même d’être mûrs ? Comment savoir de quelle maladie il s’agit et comment la soigner ?

Ce guide vous aide à poser un diagnostic clair. Vous y trouverez un tableau simple pour identifier la maladie de votre prunier en un coup d’œil et des solutions concrètes, principalement naturelles, pour traiter votre arbre et sauver votre récolte.

Tableau récapitulatif pour un diagnostic rapide des maladies du prunier

Utilisez ce tableau pour comparer les symptômes que vous observez sur votre arbre. C’est le moyen le plus rapide de comprendre ce qui arrive à votre prunier et de savoir comment agir.

Maladie Symptômes Visuels Clés Traitements & Prévention Naturels
La Rouille
(Tranzschelia pruni-spinosae)
Taches jaune-orangé sur le dessus des feuilles. Poudre brune (spores) dessous. Chute des feuilles et fruits. Ramasser et brûler les feuilles mortes. Pulvériser du purin de prêle ou une décoction d’ail.
La Moniliose
(Monilia fructigena & laxa)
Fleurs qui sèchent au printemps. Sur les fruits : pourriture brune avec des points blancs en cercles. Les fruits se momifient sur l’arbre. Couper et brûler toutes les parties atteintes. Aérer l’arbre par une taille d’éclaircie. Traitement préventif à la bouillie bordelaise.
La Cloque / Maladie des pochettes
(Taphrina pruni)
Les jeunes prunes prennent une forme allongée, plate, sans noyau. Elles sont blanchâtres puis tombent. Aucun traitement curatif. Prévention : pulvériser de la bouillie bordelaise avant l’ouverture des bourgeons.
Le Coryneum / Maladie criblée
(Coryneum beijerinckii)
Petites taches rondes rouge violacé sur les feuilles, qui finissent par se trouer (aspect de « coup de fusil »). Assurer un bon arrosage pour éviter le stress hydrique. Traitement au cuivre (bouillie bordelaise) en automne.
La Tavelure
(Cladosporium carpophilum)
Sur les fruits : taches veloutées brun-vert qui deviennent liégeuses et dures. La peau peut se craqueler. Favoriser l’aération de l’arbre. Pulvérisation préventive de soufre ou de décoction de prêle.
La Maladie du plomb
(Chondrostereum purpureum)
Feuilles qui prennent une teinte gris métallique, comme du plomb. Le bois brunit à l’intérieur. Pas de traitement, la maladie est souvent mortelle. Couper la branche atteinte très bas. Protéger les plaies de taille avec un mastic.
La Gommose Écoulement de gomme (résine) sur le tronc ou les branches. C’est un symptôme de stress. Identifier la cause du stress (sol, taille, blessure). Nettoyer la plaie et appliquer un mastic cicatrisant.
La Sharka
(Plum Pox Virus)
Transmis par les pucerons. Anneaux ou taches claires sur les feuilles. Fruits déformés avec des sillons, goût acide. Aucun traitement. Lutter contre les pucerons. Arracher et brûler l’arbre atteint pour éviter la propagation.

Analyse détaillée des 8 maladies principales du prunier

Maintenant que vous avez une idée de la maladie qui touche votre arbre fruitier, voyons en détail les causes, les symptômes et les solutions pour chacune d’entre elles.

La rouille (Tranzschelia pruni-spinosae)

La rouille du prunier est une maladie causée par un champignon, le Tranzschelia pruni-spinosae. Elle apparaît surtout en été, par temps chaud et humide. Elle affaiblit l’arbre et peut réduire la production de fruits.

Les symptômes sont faciles à reconnaître : de petites taches jaunes ou orangées apparaissent sur la face supérieure des feuilles. Sous la feuille, on observe des pustules de couleur brun-rouille qui libèrent les spores du champignon. En cas de forte attaque, les feuilles tombent prématurément, ce qui affaiblit l’arbre pour l’année suivante.

Action préventive principale : Le champignon passe l’hiver sur les feuilles mortes. Il faut donc ramasser et brûler toutes les feuilles tombées au sol en automne. Ne les mettez pas au compost.

Pour traiter :

  • En prévention, pulvérisez du purin de prêle ou une décoction d’ail. Ces préparations naturelles renforcent les défenses de l’arbre.
  • Si la maladie est déjà là, une pulvérisation de bouillie bordelaise peut limiter sa propagation.

La moniliose (Monilia fructigena & laxa)

La moniliose est l’une des maladies les plus courantes sur les arbres fruitiers du genre Prunus. Elle est due à deux champignons, Monilia laxa et Monilia fructigena, et se manifeste de deux manières.

Au printemps, elle attaque les fleurs, qui se dessèchent et restent sur les branches comme si elles avaient gelé. Plus tard, elle s’en prend aux fruits. On voit alors apparaître une tache de pourriture brune qui s’étend, recouverte de cercles de points blancs. Les prunes pourrissent, se momifient et restent accrochées à l’arbre tout l’hiver, devenant une source de contamination pour l’année suivante.

  • La taille est essentielle : taillez votre prunier pour que l’air circule bien entre les branches. L’humidité favorise le champignon.
  • Supprimez tout ce qui est malade : coupez les rameaux desséchés et retirez tous les fruits momifiés, sur l’arbre comme au sol. Brûlez-les.
  • Un traitement préventif à la bouillie bordelaise à la fin de l’hiver est aussi une bonne idée.

La cloque ou « maladie des pochettes » (Taphrina pruni)

Cette maladie, causée par le champignon Taphrina pruni, s’attaque directement aux fruits. Elle apparaît juste après la floraison, dès que les jeunes prunes se forment.

Les fruits atteints prennent une forme anormale. Ils s’allongent, s’aplatissent, et restent creux, sans noyau. Leur couleur vire au blanc-jaunâtre. Ces « pochettes » finissent par se rider et tomber. La récolte est alors perdue sur les parties de l’arbre touchées. Ce champignon est favorisé par un printemps humide et frais.

Attention : Une fois les symptômes visibles sur les fruits, il n’y a plus de traitement possible pour l’année en cours. L’action doit être préventive.

La seule solution efficace est un traitement à la bouillie bordelaise ou un autre fongicide à base de cuivre, à appliquer juste avant l’ouverture des bourgeons, à la fin de l’hiver.

Le coryneum ou maladie criblée (Coryneum beijerinckii)

Le coryneum est aussi appelé « maladie du coup de fusil » à cause de l’aspect qu’il donne aux feuilles. Ce champignon se développe souvent quand l’arbre est en état de stress, notamment à cause d’un manque d’eau.

On observe d’abord de petites taches rondes, rouge violacé, sur les jeunes feuilles. Le centre de ces taches se nécrose et tombe, laissant un trou net dans la feuille. Quand les taches sont nombreuses, la feuille ressemble à du papier perforé. Le champignon peut également infecter les rameaux et les fruits.

Pour lutter contre le coryneum, il faut :

  • Assurer un bon arrosage, surtout pendant les périodes sèches, pour éviter que l’arbre ne soit en stress hydrique.
  • Ramasser et détruire les feuilles et rameaux atteints.
  • Un traitement au cuivre (bouillie bordelaise) après la chute des feuilles en automne peut nettoyer l’arbre des spores du champignon.

La tavelure (Cladosporium carpophilum)

La tavelure du prunier est moins agressive que celle du pommier, mais elle peut quand même abîmer la récolte. Le champignon se développe par temps frais et humide au printemps.

Les principaux symptômes apparaissent sur les fruits. On voit des taches rondes, d’abord vert olive et veloutées, qui deviennent ensuite brunes et liégeuses. La croissance du fruit est stoppée à ces endroits, ce qui peut provoquer des déformations ou des craquelures de la peau. Les feuilles peuvent aussi présenter de petites taches diffuses.

La prévention repose sur une bonne aération de l’arbre grâce à la taille. Si votre prunier est souvent atteint, des pulvérisations de soufre ou de décoction de prêle au début du printemps peuvent aider.

La maladie du plomb (Chondrostereum purpureum)

C’est une maladie très grave pour le prunier et les autres arbres fruitiers à noyau. Le champignon Chondrostereum purpureum pénètre dans l’arbre par les plaies, notamment les grosses plaies de taille.

Le symptôme le plus visible est la coloration gris argenté des feuilles, qui prennent un reflet métallique caractéristique. C’est une réaction de l’arbre à une toxine produite par le champignon. Le bois, lui, se colore en brun. Une branche atteinte dépérit rapidement, et la maladie peut tuer l’arbre entier en quelques années.

Il n’existe aucun traitement curatif contre la maladie du plomb. La seule chose à faire est de couper la branche atteinte le plus bas possible, jusqu’à retrouver du bois sain. Brûlez immédiatement le bois coupé.

La prévention est donc capitale :

  • Évitez les grosses tailles.
  • Taillez par temps sec.
  • Désinfectez toujours vos outils de taille.
  • Appliquez un mastic cicatrisant sur toutes les plaies de plus de 3 cm de diamètre.

La gommose

La gommose n’est pas une maladie en soi, mais plutôt un symptôme de stress ou d’agression de l’arbre. Elle se manifeste par un écoulement de résine (la gomme) sur le tronc ou les branches.

Cet écoulement peut être causé par plusieurs facteurs :

  • Une blessure (taille, choc).
  • Un sol inadapté (trop lourd, trop humide).
  • Une plantation trop profonde.
  • Une attaque d’un autre champignon ou d’insectes.

Pour y remédier, il faut d’abord trouver et corriger la cause du stress. Ensuite, on peut gratter délicatement la gomme et la partie de l’écorce abîmée pour nettoyer la plaie, puis appliquer un mastic pour aider à la cicatrisation.

La sharka (virus)

La sharka est une maladie virale, le Plum Pox Virus, qui est la plus redoutée en verger professionnel. Elle est principalement transmise par les pucerons qui piquent un arbre malade puis un arbre sain.

Les symptômes sont visibles sur les feuilles (décolorations en anneaux ou taches) mais surtout sur les fruits. Les prunes sont déformées, bosselées, avec des sillons. Leur chair est fibreuse, leur goût devient acide et elles tombent avant d’être mûres. La production est fortement compromise.

Comme pour la maladie du plomb, il n’y a aucun traitement contre la sharka. Si un arbre est atteint, la seule solution est de l’arracher et le brûler pour éviter que le virus ne se propage à d’autres arbres fruitiers du voisinage. La prévention consiste à acheter des plants certifiés sains et à lutter activement contre les pucerons.

Stratégies de prévention pour un prunier en bonne santé

Mieux vaut prévenir que guérir. Un prunier en bonne santé est beaucoup moins sensible aux maladies. Voici quelques règles simples pour garder votre arbre vigoureux.

  • Choisir des variétés résistantes : Lors de l’achat, renseignez-vous sur les variétés de pruniers connues pour leur résistance aux maladies courantes dans votre région.
  • Planter au bon endroit : Un prunier a besoin de soleil et d’un sol bien drainé. Évitez les zones où l’eau stagne.
  • Assurer une bonne circulation de l’air : Ne plantez pas vos arbres trop serrés. Chaque année, pratiquez une taille d’éclaircie pour enlever les branches qui se croisent au centre de l’arbre.
  • Fertiliser sans excès : Un excès d’engrais riche en azote favorise un feuillage dense et tendre, plus sensible aux champignons et aux pucerons. Utilisez plutôt du compost bien décomposé.
  • Gérer l’arrosage : Un prunier n’aime ni la sécheresse prolongée, ni l’excès d’eau. Un paillage au pied de l’arbre aide à garder une humidité régulière.
  • Désinfecter les outils : Passez la lame de votre sécateur ou de votre scie à l’alcool à brûler entre chaque arbre pour ne pas propager de maladies.
  • Protéger les plaies de taille : Sur les coupes de plus de 3 cm, appliquez un mastic cicatrisant pour empêcher l’entrée des champignons comme celui de la maladie du plomb.

FAQ – Questions fréquentes sur les maladies du prunier

Pourquoi les feuilles de mon prunier se recroquevillent ?

Des feuilles qui se recroquevillent sont très souvent le signe d’une attaque de pucerons. Ces insectes se cachent sous les feuilles et sucent la sève, ce qui provoque leur déformation. Ce n’est pas une maladie cryptogamique (champignon), mais les pucerons peuvent transmettre des virus comme la sharka.

Quand traiter un prunier à la bouillie bordelaise ?

La bouillie bordelaise est un traitement préventif, pas curatif. Elle s’applique principalement à deux moments :

  • En automne, après la chute des feuilles, pour nettoyer l’arbre des spores de champignons qui hivernent.
  • À la fin de l’hiver, juste avant l’ouverture des bourgeons (stade du débourrement), pour protéger l’arbre des infections printanières comme la cloque ou la moniliose.

Comment se débarrasser de la moniliose naturellement ?

La lutte naturelle contre la moniliose repose sur des gestes préventifs. Il faut supprimer et brûler systématiquement tous les fruits momifiés et les rameaux desséchés. Ensuite, une bonne taille d’éclaircie pour aérer l’arbre est indispensable. Enfin, des pulvérisations de décoction de prêle au printemps peuvent renforcer les défenses de l’arbre.

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