Bouturer les bambous : La bouture du bambou
Vous voulez multiplier vos bambous sans vous ruiner en achetant de nouveaux plants ? Vous vous demandez comment réussir le bouturage de ces plantes fascinantes qui poussent à une vitesse folle ?
C’est vrai que quand on débute, on se dit que c’est compliqué. Entre les bambous traçants, les cespiteux, et tous ces termes techniques, on peut vite s’y perdre.
Pourtant, bouturer les bambous n’est pas si sorcier une fois qu’on connaît les bonnes méthodes. D’ailleurs, vous allez voir qu’il existe plusieurs techniques selon le type de bambou que vous possédez.
Dans cet article, vous découvrirez tout ce qu’il faut savoir pour réussir vos boutures de bambou, du matériel nécessaire aux étapes détaillées, en passant par les erreurs à éviter. Prêt à transformer votre jardin en véritable bambouseraie ?
Les différentes méthodes pour multiplier vos bambous
Avant de vous lancer tête baissée dans le bouturage, il faut comprendre que tous les bambous ne se multiplient pas de la même façon. C’est un peu comme si vous vouliez appliquer la même recette pour bouturer un laurier rose et une orchidée : ça ne marcherait pas !
Les bambous traçants (comme les Phyllostachys) possèdent des rhizomes qui courent sous terre. Pour ces espèces, la division des rhizomes reste la méthode la plus fiable. Vous prélevez simplement un tronçon de rhizome d’environ 30 cm avec au moins 3 bourgeons.
Les bambous cespiteux (type Fargesia) forment des touffes compactes. Ici, c’est la division de la touffe entière qui fonctionne le mieux. Pas de rhizomes traçants, donc pas de prélèvement individuel possible.
Pour les bambous tropicaux et certaines plantes d’intérieur qu’on appelle ‘bambou’ (comme le lucky bamboo), le bouturage de canne dans l’eau peut donner de bons résultats. Mais attention : ce ne sont pas toujours de vrais bambous au sens botanique du terme.
Matériel et substrat : ce dont vous avez besoin
Comme pour toute technique de jardinage qui se respecte, avoir le bon matériel fait la moitié du travail. Vous n’avez pas besoin d’investir des fortunes, mais quelques outils de base s’imposent.
Côté outils, munissez-vous d’une bêche bien tranchante pour prélever les rhizomes, d’un sécateur propre pour couper les cannes, et de gants résistants. Les bambous peuvent être coupants sur les bords des feuilles.
Pour le substrat, la règle d’or c’est le drainage. Un mélange 2/3 terreau de qualité et 1/3 sable grossier fait l’affaire dans la plupart des cas. Certains jardiniers préfèrent inverser les proportions pour les boutures de canne, mais l’essentiel reste d’éviter que l’eau stagne.
Prévoyez aussi des pots de récupération d’au moins 20 cm de diamètre, avec des trous de drainage bien sûr. Et si vous comptez bouturer plusieurs variétés, pensez aux étiquettes pour ne pas vous mélanger les pinceaux.
Division des rhizomes : la méthode la plus sûre
Pour les bambous traçants, c’est LA technique à maîtriser. Elle a l’avantage d’être simple et de donner d’excellents résultats quand elle est bien exécutée.
La meilleure période se situe en fin d’hiver, vers mars, quand les bambous sortent de leur repos végétatif. À ce moment-là, les rhizomes ont emmagasiné suffisamment d’énergie pour redémarrer.
Choisissez un rhizome âgé de 2 à 4 ans – ni trop jeune (pas assez de réserves), ni trop vieux (moins de vigueur). Vous les reconnaissez à leur couleur : les plus récents sont clairs, les anciens plus foncés et lignifiés.
Prélevez un tronçon d’environ 30 cm de longueur avec au moins 3 yeux ou bourgeons visibles. C’est crucial : sans bourgeons, pas de reprise possible. Nettoyez délicatement la terre pour bien les voir.
| Étape | Action | Point important |
|---|---|---|
| 1 | Prélèvement du rhizome | Couper avec une bêche propre |
| 2 | Préparation du pot | Drainage au fond obligatoire |
| 3 | Plantation | Position horizontale, bourgeons vers le haut |
| 4 | Recouvrement | 10 cm de substrat maximum |
Placez le rhizome horizontalement dans le pot, bourgeons dirigés vers le haut. Recouvrez d’environ 10 cm de votre mélange terreau-sable. Plus profond, les bourgeons auront du mal à percer.
L’arrosage doit être régulier mais modéré. Maintenez le substrat humide sans le détremper. Un arrosage tous les 10 jours suffit généralement, à adapter selon votre climat et la saison.
Bouturage de canne : pour les bambous tropicaux
Cette technique fonctionne vraiment bien avec les bambous tropicaux et les plantes d’intérieur type lucky bamboo. Pour les bambous tempérés, c’est plus aléatoire, mais ça peut valoir le coup d’essayer.
Prélevez une section de canne d’environ 20-25 cm, en vous assurant qu’elle contient au moins un nœud (c’est là que se trouvent les bourgeons dormants). La canne doit être saine, ni trop jeune ni trop lignifiée.
Pour le lucky bamboo et les plantes similaires, vous pouvez tout simplement placer la bouture dans un verre d’eau, à la manière d’une bouture de glycine mais en plus facile. Changez l’eau tous les 3-4 jours pour éviter le pourrissement.
Pour les vraies cannes de bambou, optez plutôt pour une plantation directe dans votre mélange drainant. Enfoncez la canne verticalement sur environ la moitié de sa longueur, en laissant le nœud apparent au-dessus du substrat.
La température idéale se situe autour de 20°C, dans un endroit chaud mais ombragé. Trop de soleil direct risque de déshydrater la bouture avant qu’elle ait eu le temps de développer des racines.
Division de touffes pour bambous cespiteux
Les Fargesia et autres bambous non traçants demandent une approche différente. Ici, pas question de prélever des morceaux de rhizomes : il faut diviser la touffe entière.
Cette opération se fait idéalement au printemps, quand vous voyez apparaître les premières jeunes pousses. C’est le signe que la plante redémarre et qu’elle supportera mieux la division.
Déterrez complètement la touffe mère – oui, c’est du boulot, mais c’est nécessaire pour bien voir ce que vous faites. Secouez délicatement pour enlever l’excès de terre et repérer les zones de division naturelles.
Avec une bêche ou un couteau bien aiguisé, séparez la touffe en plusieurs sections. Chaque section doit avoir ses propres racines et au moins 2-3 cannes avec des bourgeons actifs.
Replantez immédiatement chaque section dans un pot individuel ou directement en pleine terre si les conditions s’y prêtent. Arrosez copieusement la première fois, puis maintenez un arrosage régulier sans excès.
Les bambous cespiteux reprennent généralement assez vite, mais restent vigilant sur l’arrosage les premières semaines. Un substrat ni trop sec ni détrempé, c’est l’équilibre à trouver.
Questions fréquentes
Est-il possible de faire pousser du bambou dans l’eau ?
Oui, mais seulement pour certaines espèces. Le lucky bamboo (qui n’est pas un vrai bambou) pousse très bien dans l’eau. Pour les vrais bambous, ça fonctionne occasionnellement avec les espèces tropicales, mais c’est loin d’être garanti. Les bambous tempérés comme les Phyllostachys ont besoin d’un substrat drainant pour bien se développer.
Quand et comment faire des boutures de bambou ?
La fin d’hiver (mars) reste la période idéale pour la plupart des techniques. Pour la division de rhizomes, choisissez des portions de 30 cm avec 3 bourgeons minimum. Pour les boutures de canne, prélevez des sections de 20-25 cm avec au moins un nœud. La température autour de 20°C et un substrat drainant (2/3 terreau, 1/3 sable) optimisent les chances de reprise.
Est-il possible de repiquer du bambou sans racine ?
Techniquement oui, mais c’est plus délicat. Les boutures de canne sans racines peuvent reprendre si elles contiennent des nœuds avec des bourgeons dormants. Cependant, le taux de réussite est variable selon l’espèce. Pour maximiser vos chances, préférez toujours du matériel avec quelques racines déjà formées ou des rhizomes avec leurs bourgeons intacts.
Combien de temps faut-il attendre avant la reprise ?
Comptez environ 6 semaines pour voir apparaître les premiers signes de reprise sur une bouture de canne. Pour les divisions de rhizomes, les premières pousses peuvent pointer au bout de 3-4 semaines dans de bonnes conditions. Le repiquage en pleine terre peut se faire dès l’automne suivant si le bouturage a été réalisé en fin d’hiver, à condition que la jeune plante soit suffisamment vigoureuse.
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